Paris e-Prix : tout pour réussir mais… non

C’était un événement que j’attendais depuis longtemps. Voir la course automobile rentrer dans le coeur de Paris. Tout un symbole. Et, ce serait une course de voitures électriques. Le premier Paris e-Prix se tenait donc ce samedi 23 avril autour des Invalides. Mais les més(aventures) ont commencé bien plus tôt et entaché une fête de passionnés qui aurait dû être passionnante. Parvenir à faire venir la compétition automobile au coeur de Paris, dans un lieu aussi symbolique, c’est un sacré tour de force. Mais cette course… je n’ai pas pour habitude de pousser des coups de gueule, mais il serait difficile d’en faire autrement ici.

Première tentative : le volontariat

J’apprécie partager un loisir, donner un coup de main de temps en temps pour un sujet qui me passionne. Et j’aime l’ambiance des circuits. Les pistes urbaines sont une sorte d’arène dans lesquelles on aurait déversé un plat géant de spaghetti. C’est un peu ce que j’ai ressenti en venant au premier Paris e-Prix.

Quelques semaines en amont de l’événement, un message sur la page Facebook de la course invite les personnes intéressées à postuler pour être volontaire durant l’événement. J’avais déjà acheté des billets, mais c’est pas grave. J’écris donc et me rend disponible le samedi 23 avril, jour de la course. L’organisation répond finalement qu’elle va privilégier les bénévoles qui auront travaillé la semaine entière pour la journée du samedi. Jusque là c’est normal. Puis, on m’indique de me tenir prêt, au cas où, on me contacterait la veille de la course. Hummm… première déconvenue, je veux bien donner de mon temps mais cela doit se faire de manière préparée…

Finalement, j’apprends que je suis retenu parmi les volontaires pour le samedi 23. Le planning nous est donné et les tâches affectées. Je conduirai un véhicule de golf électrique. Ravi donc de participer à cette course côté organisation, avec une voiture électrique en plus, je tente de revendre mes billets.

Puis une semaine avant la course, un e-mail nous est adressé en nous indiquant que l’on a plus besoin de nous, mais on nous invite à suivre le grand prix quand même. Oh, génial, merci du conseil !

Seconde tentative : spectateur

Rendez-vous donc à Paris, en simple spectateur, pour assister à cette grande première. Et là, les mésaventures se poursuivent. Ca commence bien pourtant. La signalétique est plutôt bien fichue, l’accès à la zone spectateurs est rapide et facile dans la matinée. Trop facile même. Pas de scan du e-billet, une capture d’écran envoyée à mes contacts et hop, le grand prix, c’est grati. Au niveau de certaines zones, il n’y a d’ailleurs aucun contrôle du billet. Bon en fait, ça servait à rien d’acheter un billet.

La zone spectateurs donc. Elle se situe dans la partie sympa du circuit, celle qui enchaîne les virages. Mais c’est un cul-de-sac, impossible de faire le tour du circuit à pieds. Il faut ressortir, faire le tour du pâté de maison ou même prendre le RER, puis le métro et enfin un vélib. L’autre zone spectateurs, c’est le village du e-Prix. DS présente l’une de ses Formule E, on s’approche donc et on se rend mieux compte du gabarit et du travail sur l’aéro.

On est bien non ?
On est bien non ?

Bon, il serait temps de parler course quand même. Les qualifications s’enchaînent, on parvient à trouver une place contre un grillage. Au premier rang donc. Mais il y a peu de visibilité sur la piste. Les murs de béton et les deux grillages successifs rendent la visibilité délicate. Evidemment, les normes de sécurité ont leur importance, je ne critique pas cela.

Ce qui est absurde en revanche, et qui relève du foutage de gueule, c’est la présence d’immenses panneaux publicitaires dans les lieux stratégiques : freinages, changements d’appuis, etc. Plusieurs zones du circuit sont concernées. Cela occulte totalement la visibilité, et on a juste le son, qui est déjà assez discret.

A mesure que la course approche, la foule se presse contre les grillages et il devient impossible de voir la course. On peut la suivre sur l’écran géant, ou chez soi. Car on peut également apprécier l’ambiance autour d’une course. Mais la discipline est naissante, les écuries jeunes, et malgré le talent des pilotes, il y a peu de ferveur autour de tout ça. Ca semble même artificiel. Mais laissons le temps au temps.

La course se déroule, pas sous nos yeux donc. Elle dure presque une heure. C’est déjà la fin du e-Prix, on se précipite donc au village pour le podium. Là, il faut reconnaître que l’ambiance est plus sympa.

OKLM on a une belle vue TKT
OKLM on a une belle vue TKT

Qui suis-je pour donner des conseils ?

Un simple spectateur ce samedi 23 juillet. Il y a des conseils de bon sens, et d’autre peut-être plus complexes à mettre en oeuvre, voire utopiques.

1 – Permettre l’accès des spectateurs à l’intérieur du circuit. Il y avait en effet deux passerelles qui desservaient l’intérieur du circuit, mais réservées aux invités des partenaires. Qui eux, pouvaient se loger en tribune ou au bord de la piste. Car oui, de l’autre côté de la piste, c’était peinard, il y avait de la place pour tout le monde. Pourquoi pas les spectateurs ?

2 – Les animations d’avant-course. Punaise, ce défilé de Renault Zoé… sur une piste de course. Je n’accable pas Renault, cette petite voiture est plutôt bien foutue. Mais considérer cela comme un spectacle… Heureusement que la BMW i8 était de la partie, seule distraction notable d’avant-course.

3 – Travailler les zones spectateurs. Si la Formule E veut devenir un acteur incontournable de la compétition automobile, elle doit être populaire, et donc accueillir dans des conditions décentes les spectateurs. Dans le village bien sûr, mais surtout en bord de piste. Evidemment, les contraintes liées à un circuit urbain et éphémère sont énormes et grèvent certainement une partie de la bonne volonté des organisateurs. Mais il faut absolument structurer cette offre en proposant plusieurs niveaux de prestations pour les spectateurs, donc la possibilité de VOIR depuis un truc surélevé (tribune, estrade, etc.)

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Vergne le frenchy termine second. Anne Et Manuel se font siffler.

 

Si la Formule E a immédiatement adopté le glamour de la F1 dans les salons VIP, il n’en reste pas moins qu’elle doit convaincre les gens, ceux qui payent pour voir la course, en bord de piste. Le lieu est magique, le concept présente une innovation intéressante, le circuit en lui-même semble adapté à ce type de course. Le potentiel est donc énorme, mais le chemin est encore long pour en faire un véritable succès populaire. Certaines choses sont admissibles pour une première édition, d’autres pas. Et l’ambition de la FIA de mettre la course au coeur des villes ne doit pas se faire au détriment des gens. Coup de gueule terminé !

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6 commentaires

  1. vroaaar
    4/25/2016
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    Coup de gueule ? un peu fort comme expression. Gentille critique oui.
    Non, mais moi je dirais que vu de la télé on n’a pas l’impression d’être à Paris. Où sont les monuments qui font l’identité de la magnifique capitale dans le monde ? En tous cas, on est loin du circuit imaginé par Jean Graton, auteur de Michel Vaillant, pour son album « 300 à l’heure dans Paris », album qu’on a utilisé comme référence pour la promo de cet e-prix. Mauvaise idée, car finalement, le public est déçu.
    Certes, on pourrait rétorquer que ce circuit imaginaire, où quelque chose qui s’en rapprocherait, serait irréalisable. Je répondrais qu’on ferme bien le centre de Paris, les Champs Élysées…etc pour l’étape finale du tour de France. Mais bon, ce n’est que l’e-prix après tout, la comparaison ne tient pas…
    Sinon, mon avis perso, c’est que cette catégorie ne (sur)vivra pas longtemps. On le sait, l’attente du public est difficile à combler longtemps avec si peu d’attraits, l’absence de bruit de moteurs étant l’élément le plus rédhibitoire,

    • 4/25/2016
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      Coup de gueule à mon niveau, j’essaye toujours de voir du positif dans mes écrits. Et effectivement, dans ce cas du e-Prix, il n’y a pas eu grand chose de positif. Certes ce n’était pas les Champs Elysées, mais tout de même, ce secteur des Invalides est quand même plutôt prestigieux. Reste que l’organisation des festivités et de l’accueil du public est bâclée et/ou mal pensée…

      • 4/26/2016
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        Très bon « coup de gueule » et plein de bon sens alors. Je n’y étais pas mais les photos parlent d’elles-mêmes… J’ai entendu à la radio que les organisateurs proposaient des billets pas cher car ils voulaient quelque chose d’authentique, « à l’ancienne » sans les tribunes hors de prix. Euh certes en F1 ça coûte la peau du cul pour voir quelque chose, mais il y a un juste milieu… (et pour le coup, il avait l’air au milieu du circuit le juste milieu ^^).

        Si les décideurs pouvaient lire ton article et surtout en tenir compte, peut-être, pour une prochaine édition.

        • 4/26/2016
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          Merci pour ton commentaire… Et oui la F1 coûte un peu cher… quoi que. J’ai souvenir de grand-prix F1 à Magny-Cours, sur la butte en terre le long de la ligne droite du golf. De vraies tribunes populaires… mais assises !

  2. 4/25/2016
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    Finalement, il valait mieux suivre la course sur Canal+…
    Mais pourquoi ne pas avoir mis des gradins ?

  3. janneau
    4/30/2016
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    Ben c est bien balancé; effectivement la visibilité spectateur est un préalable pour le succès d’un tel événement.

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